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Le "coaching étudiant", nouvelle méthode contre
l'échec (REPORTAGE)
Par Lucile MALANDAIN
PARIS, 5 nov 2004 (AFP) - Elisa entame sa cinquième année de Deug
en droit. "Je ne comprenais pas pourquoi j'échouais comme ça
à l'université", explique-t-elle. Alors Elisa a consulté
un "coach étudiant" avec lequel elle réussit à
mieux s'organiser et à gérer son stress aux examens.
"Je ne savais pas comment gérer mon travail personnel, je zappais
quatre cours sur six, avec la coach, on a fait un agenda où je pouvais
inclure du travail pour tous les cours", raconte-elle. Par exemple, Elisa
sait maintenant qu'elle peut mettre à profit deux heures entre deux cours
pour préparer un TD.
Etudiante à Strasbourg, la jeune fille se rend une fois par mois à
Paris pour sa séance de coaching et a une conversation téléphonique
d'une demi-heure environ toutes les semaines avec sa coach. Pour l'instant,
elle n'a payé que sa séance parisienne du mois d'octobre (la première,
en septembre, était gratuite), soit 75 euros.
"Ce n'est pas comme une psychothérapie, on fixe un objectif précis
dans le futur et on est concentré vers ce but: réussir ses études
en prenant du plaisir", explique Cathy Lemer, l'une des créatrices
de Institut européen du coaching étudiant (IECE) qui dit aider
plusieurs centaines d'élèves de la 4ème à l'université
dans les principales villes françaises et à Bruxelles.
"Quelle est la bonne question à se poser pour répondre à
un problème ?", ajoute Jean-Philippe Riant, l'autre coach parisien
à l'origine de l'institut.
Il raconte le cheminement d'une jeune fille, arrivée avec une maîtrise
de ressources humaines et persuadée de s'être trompée d'orientation.
"Notre boulot n'est pas de conseiller mais de faire en sorte que l'état
d'après soit mieux que l'état d'avant: pour elle, le problème
était de changer sa vision du monde du travail, en changeant d'orientation,
elle n'aurait pas trouvé de réponse à sa problématique",
affirme-t-il.
Ce type de "client" constitue une partie importante de l'activité
de l'IECE qui conjugue le coaching proprement dit, comme avec Elisa, à
l'orientation qui passe par un bilan et des conseils. Certains jeunes ont recours
aux deux, successivement.
Pour établir un bilan (trois ou quatre séances d'une heure pour
300 euros), les deux "tuteurs" utilisent des tests psychologiques
très approfondis, à l'aide desquels ils déterminent "avec
l'élève" pour quel métier ou quelle formation il est
le mieux adapté.
Ainsi ce garçon de Terminale, qui ne travaillait plus. "Avant les
tests, il parlait de médecine, de recherche en biologie et de finances",
précise M. Riant.
"Il se sent doué pour les affaires, l'organisation, il a un niveau
de décision et d'indépendance assez important", détaille-t-il.
A l'issue des séances, il avait un projet: une école de commerce.
La médecine et la biologie n'apparaissaient plus dans son discours.
Jean-Philippe Riant comme Cathy Lemer réfutent cependant tous deux l'appellation
de "super conseillers d'orientation". "On donne 15% de conseils,
le reste, c'est un accompagnement à la réflexion propre",
ajoute Mme Lemer.